

Aurélien Debacq
Co-fondateur d'ALLOHOUSTON
Le 30 septembre, nous avons soufflé nos dix bougies, entourés de nos clients d'aujourd'hui et d'hier, de nos partenaires, d'anciens Houstoniens et Houstoniennes et de nos amis. Avec Victor et Guillaume, nous avons pris la parole pour revenir sur dix ans d'applications métier, du garage à Station F. Mais surtout pour parler de la suite : ce que l'IA change déjà dans notre façon de travailler, ce qu'elle rend possible pour nos clients, et la mission que nous nous donnons pour les années qui viennent.
Tout a commencé dans un garage
En 2016, nous sommes trois, dans un garage sans chauffage ni internet. Trois bouts de ficelle, beaucoup d'entrain. Dix ans et plusieurs déménagements plus tard, nous voilà à Station F. Entre les deux, des projets tous différents : du conseil, de l'audit, et surtout des dizaines d'applications métier conçues et développées.
Des applications qui vivent chez nos clients
Dix ans, ce sont autant de projets, tous différents, tous nés d'un besoin bien réel.
En 2017, nous comptions déjà les voitures de Renault : nous avons créé une application qui suit, région par région, les volumes de véhicules entre les usines et les marchés, et qui produit en 15 minutes des analyses qui prenaient jusque-là une semaine.
En 2019, nous avons développé pour Allodiscrim, cabinet spécialisé en droit du travail, une plateforme qui gère les rendez-vous, les dossiers et la relation client ; elle accueillera bientôt de l'IA. Avec l'ACPM, l'organisme qui certifie l'audience des médias en France, nous avons construit la première certification au monde des téléchargements de podcasts : de 2 millions de téléchargements mensuels certifiés en 2020, nous sommes passés à 230 millions aujourd'hui. Et pour les Jeux olympiques de Paris 2024, nous avons conçu Itineriz, un « Waze des livreurs » qui intègre les restrictions de circulation ; il a depuis été redéployé à Toulouse, Bordeaux, Nantes et Angoulême.
La liste est longue : l'annuaire des réseaux d'experts de Renault, la cellule de réservation d'autocars de Verdié Voyages, le SmartPlanner qui planifie la production de Capsum, façonnier cosmétique, le suivi du fret maritime vers les Outre-mer avec Expedom, la gestion des remises fournisseurs chez TD Synnex, jusqu'aux outils de gestion des flux passagers de l'aéroport d'Amman avec ADP. Cette diversité est devenue une force : aujourd'hui, à chaque nouvelle demande, trois ou quatre projets passés répondent déjà à une partie du besoin.
Si beaucoup d'entre eux nous font confiance depuis longtemps, comme l'ACPM et Allodiscrim depuis sept ans, c'est parce que nous prenons le temps de comprendre votre métier en profondeur, et que notre accompagnement ne s'arrête pas à la livraison. Merci pour cette fidélité.
Une aventure d'abord humaine
Équilibre entre vie pro et vie perso, qualité de vie au travail : ce sont nos priorités depuis le premier jour. Et avec l'arrivée d'Alexandra, de Lina et de Ly-Sha, l'époque des « boys » est bel et bien révolue et on se dirige doucement vers la parité.
Aujourd'hui, ALLOHOUSTON, ce sont 70 projets menés, 15 applications en production, 7 500 utilisateurs dans 2 300 entreprises, et 8 emplois créés. Mais notre meilleur indicateur reste la fidélité de nos clients.
Et maintenant ?
On dit qu'un cycle entrepreneurial dure dix ans. Se projeter aussi loin est difficile : un horizon de deux à trois ans constitue déjà un cap ambitieux. Car la vague de l'IA transforme tout : notre métier, celui de nos clients, et la mission que nous nous donnons. Même pour nous, le rythme est vertigineux. Mais c'est une incroyable opportunité.
D'abord, nous passons plus de temps chez nos clients. Avant, nous rencontrions une dizaine de personnes et parcourions quelques fichiers Excel. Aujourd'hui, nous en observons 25 à 30 et analysons des bases entières. Plus de monde, plus de données, pour le même temps.
Ensuite, le prototype devient un support de conversation. Une maquette coûtait 5 000 à 10 000 euros et plusieurs semaines d'allers-retours. Aujourd'hui, nous arrivons dès la phase commerciale avec un prototype cliquable qui ressemble à la vraie application. Fini les post-its : en trois heures d'atelier, sur vos vrais cas, nous faisons trois ou quatre itérations.
Et très bientôt, le chef de projet ne rédigera plus des tickets : il fera les modifications. Ce qui prenait une journée (un ticket, une file d'attente, un développeur) prendra désormais une heure : la modification est décrite, développée par un agent, et part en test. Le chef de projet portera le produit de bout en bout, les développeurs se concentreront sur l'architecture, la performance et la sécurité. Tout le monde monte d'un cran.
Pour ce virage, nous avons la bonne équipe : des gens attachés au résultat plutôt qu'à un outil, et qui n'ont pas peur de se remettre en cause.
Et pour nos clients ?
Pour eux, l'impact est immédiat. Les projets deviennent plus accessibles, donc plus nombreux, pour digitaliser les processus. Et des cas d'usage jusque-là impossibles voient le jour. Pour une PME marseillaise de dépannage, un chatbot et une IA vocale vont faire passer les appels au service client de 40 000 à 1 000 par an. Pour un cabinet d'avocats spécialisé dans l'indemnisation des victimes de dommages corporels, des dizaines de milliers de pages de dossiers médicaux et juridiques seront désormais référencées, triées et analysées automatiquement.
C'est aussi une tout autre manière d'envisager l'entreprise. La connaissance, même la plus pointue, devient accessible à tous les collaborateurs. Les experts fixent les règles des agents, et chacun élargit son périmètre. Chaque client, chaque dossier peut être traité comme un cas particulier, à grande échelle.
Pour y arriver, deux prérequis. Des applications compatibles avec les agents IA, d'abord : nous avons construit une brique qui permet à vos agents d'interagir avec nos applications de façon native, sécurisée et authentifiée. Plutôt que de vous connecter à l'application, vous demandez à votre agent. Une base de connaissance à jour, ensuite : processus, procédures et règles métier, formalisés, accessibles aux agents, et mis à jour quand la réalité s'en écarte. C'est le plus complexe, car les règles sont souvent dans les têtes et les procédures parfois obsolètes.
Notre mission pour les années qui viennent
L'IA atteint d'abord les plus grands. Pourtant, 55 % des salariés des entreprises françaises travaillent dans une PME ou une ETI (Insee, 2023). Notre mission : être la courroie de transmission entre la technologie et ceux qui font vivre les territoires. Généraliser l'accès à la performance et à l'innovation numériques, c'est de l'emploi local, un meilleur service aux citoyens, et une activité qui se pérennise là où elle est implantée.
Trois engagements nous guident. Les territoires, d'abord, aux côtés des PME, des ETI et des acteurs publics locaux. La souveraineté, ensuite : hébergement en France et en Europe, open source, un code qui appartient au client. Quand une solution souveraine répond au besoin (et cela est souvent le cas), nous la recommandons et l'implémentons ; quand elle n'existe pas, nous le disons, et nous évitons tout enfermement. Un numérique responsable, enfin : accessible à tous, sobre dans sa conception et son hébergement, sécurisé dès le départ. Car le numérique n'est pas neutre : il peut exclure, consommer, exposer.
Merci
Merci à toutes et à tous d'avoir été là pour fêter nos 10 ans, et merci à nos clients, d'hier et d'aujourd'hui.
Vous n'étiez pas là pour signer le livre d'or ? Laissez-nous un petit mot. Et si vous avez envie d'en discuter, parlons-en !
Aurélien Debacq, cofondateur d'ALLOHOUSTON