

Aurélien Debacq
Co-fondateur d'ALLOHOUSTON
C'était à l'Après-midi de CroissancePlus, organisée avec Deloitte. Deux ateliers, dans cet ordre : d'abord un sur la gouvernance de l'IA en interne, ensuite un exercice de création d'entreprise accélérée.
Je raconte le second d'abord ; mais c'est le premier qui lui donne son sens.

Atelier avec Ryad Elataffi (Deloitte). Le sujet : des barres de snacking pour sportifs de 25-45 ans. En une heure, avec de l'IA : positionnement, plan commercial, sélection des fournisseurs, formule de fabrication documentée. Puis pitch devant des investisseurs potentiels. Et ça a marché.
C'est exactement ça qui est intéressant : ça a marché. Ce qui demandait trois semaines de travail tient en une heure. Donc le dossier bien ficelé ne vaut plus rien comme preuve de sérieux. La rareté s'est déplacée : elle n'est plus dans la capacité à produire un business plan, elle est dans le jugement. Savoir si le problème vaut la peine d'être résolu, si le marché existe vraiment, si l'exécution est à notre portée.
Sans ça, on produit très vite des choses très propres et complètement fausses.
Une heure plus tôt, avec Pedro Sousa (Groupe Plenitude) et Thierry Pouch (CT-Square), on parlait de l'autre bout du problème : ce que l'IA fait à l'intérieur de nos boîtes.
Chez Allohouston, l'IA dans les missions clients est un sujet qu'on maîtrise : on l'outille, on la documente, on l'encadre projet par projet. L'IA pour nos usages internes, hors missions, c'est beaucoup plus flou. Elle est arrivée par différents canaux : les agents intégrés aux outils qu'on utilisait déjà, puis Cursor détourné pour des cas d'usage non-dev, puis Claude Desktop.
C'est précisément là que Pedro et Thierry nous ont emmenés : ces usages internes questionnent et challengent nos règles de sécurité habituelles. Ce qu'on avait construit pour du code et des serveurs ne couvre pas un assistant qui a accès à nos mails.
Quelques éléments clés que j'en retire :
Mis bout à bout, les deux ateliers racontent la même bascule. L'IA fait tomber le coût de production à presque zéro : du code, des documents, des dossiers d'investissement, des synthèses à partir de nos mails. Et ce coût qui disparaît, c'était aussi notre garde-fou. Le temps qu'il fallait pour produire un business plan servait à vérifier qu'il tenait debout. Les frictions d'accès à nos données faisaient office de politique de sécurité.
Quand produire ne coûte plus rien, il ne reste que le cadre qu'on se donne explicitement : savoir ce qu'on branche, ce qu'on vérifie, ce qu'on décide.
Merci à CroissancePlus et Deloitte pour l'organisation.
Vous êtes en train de poser ce cadre chez vous ?
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